Sunday, February 26, 2012

Suren Surat, directeur de SKC Surat : « La crise n’est que passagère… »

Photo Courtesy: www.defimedia.info

À partir de la semaine prochaine, SKC Surat proposera du fromage fabriqué localement. Dans l’entretien qui suit, Suren Surat, le directeur de la compagnie, évoque les contraintes de la production laitière et annonce les projets de l’entreprise pour 2012.
> Comment se portent vos activités de légumes et de fruits ? 
Tout se passe pour le mieux. Nous fournissons au total environ 200 tonnes de fruits et légumes à nos clients chaque semaine. Outre les hôtels et les grandes surfaces que nous desservons, nous sommes également le fournis­seur principal de Food Lovers’ Market qui compte trois maga­sins à Rivière Noire, Rose-Belle et Bagatelle. Un quatrième Food Lovers’ Market ouvrira ses portes cette année à Grand Baie La Croisette. 

Nous importons une partie de nos légumes, mais nous nous approvisionnons aussi auprès des planteurs locaux. Nous avons établi un planning avec 250 planteurs locaux qui possèdent entre un demi-arpent et 10 arpents. Nous leur donnons des indications sur le volume et les produits à cultiver. 

> Vous commercialiserez bientôt du fromage... 

En effet ! A partir de la semaine prochaine, nous mettrons sur le marché du « cottage cheese » que les Mauriciens connaissent surtout sous l’appellation « paneer ». Ce sera le premier « paneer » qui sera fabriqué localement à partir du lait frais. Le produit, qui sera vendu dans les grandes surfaces, sera disponible sous forme de barquette de 125 grammes. Dans un premier temps, nous nous limiterons à une production de 500 kilos par semaine. Nous sommes disposés à augmenter la production en fonction de la demande. Nous envisageons aussi de commercialiser de la mozzarella à partir du mois de juin.  

> Parlons de la production de lait… A l’époque où vous avez lancé vos briques de lait de la marque Surlait, seulement 2 % de la consommation de lait était produite localement. Comment la situation a-t-elle évolué depuis ? 

La production locale dépasse 5 % alors que notre part de marché est de 2 %. Ce qui est très positif. Nous produisons actuellement 2 500 litres de lait par jour. Nous visons une production de 5 000 litres par jour d’ici 2013. Ce qui nous permettra de gagner encore 2 % en termes de parts du marché. 

> Il est connu que les Mauriciens préfèrent le lait en poudre au lait frais… 
Tout est une question d’habitude. Trente ans de cela, les gens consommaient du lait frais. Puis, l’Europe a introduit des subsides sur le lait en poudre dont le prix est devenu plus compétitif que le lait fabriqué localement provoquant ainsi la chute de l’industrie locale. Les Mauriciens se sont donc tournés vers le lait en poudre. Ce ne sera pas facile de changer une habitude vieille de 30 ans. Cela prendra du temps. Toutefois, nous avons été surpris de voir que les gens ont adhéré au lait frais plus vite qu’on s’y attendait. Notre stratégie marketing et le fait que notre produit est de qualité y sont pour quelque chose. 

> L’offre n’arrive toutefois pas à suivre la demande…. 

En effet ! Nous n’avons suffisamment de lait pour fournir le marché. Nous sommes actuellement dans une position financière difficile. Dans l’industrie laitière, il faut compter entre cinq et sept ans pour avoir du retour sur l’investissement. Ce n’est pas comme le commerce où vous achetez quelque chose, vous le vendez à plus cher et vous obtenez des profits. 

Cette industrie comporte plusieurs contraintes.Il faut d’abord trouver le terrain. Avec le système de pâturage, il faut compter un arpent par tête. Il faut qu’il y ait suffisam­ment de fourrage à donner aux bêtes. Nous devons aussi importer de nouvelles races d’animaux. SKF Surat compte actuellement un cheptel de 400 têtes. Les races disponibles à Maurice ne sont génétiquement pas productives. Ces vaches ne fournissent que sept à huit litres de lait par jour alors qu’une race importée produit en moyenne une vingtaine de litres par jour. Or, importer des génisses a un coût. Il faut en outre attendre neuf mois après qu’elles soient pleines pour qu’elles produisent du lait. Il faut aussi acheter d’autres types aliments. Tout cela pompe des sous. 

À notre niveau, nous avons investi environ Rs 100 millions dans ce projet. Nous avons approché la Banque de Développement (DBM) pour bénéficier du Food and Security Fund à travers des prêts à des taux préférentiels. Nous avons fait une demande il y a deux ans. À ce jour, seulement une partie du prêt a été approuvé. Tout cela prend du temps alors que nous sommes à un stade où nous avons vraiment besoin d’argent. Cela nous met la pression car nous avons effectué des emprunts pour aller de l’avant avec ce projet. Nous nous attendons à avoir un coup de pouce du gouvernement. Si l’aide est approuvé, on pourra souffler. Si elle ne vient pas, nous allons devons alors prendre les décisions qui s'imposent.

> Comment SKC Surat aborde-t-elle l’avenir dans un contexte de crise économique ? 

Nous sommes prêts à affronter 2012 qui sera une année difficile. La crise ne va pas durer éternellement. Elle n’est que passagère. L’économie va reprendre en 2013. 

> SKC Surat va-t-elle poursuivre la diversification de ses activités ? 

Oui ! Nous nous lançons toujours là où il y a des opportunités. Nous sommes d’ailleurs des partisans de la diversification. Nous travaillons actuellement sur plusieurs projets, mais à ce stade rien n’a encore été approuvé par le conseil d’administration du groupe. Cela ne saurait tarder !

Friday, February 24, 2012

Agaléga : lancement d’un projet d’élevage de cabris et de moutons

Photo Courtesy: www.lexpress.mu

La réalisation de ce projet a été rendue possible grâce à une collaboration de l’Outer Islands Development Corporation (OIDC), du Mouvement pour l'autosuffisance Alimentaire (MAA) et de Socota, une société engagée dans l’importation de bœufs sur pattes.

Une trentaine de cabris et de moutons ont été embarqués le mercredi 22 février 2012 à bord du Mauritius Pride à destination d’Agaléga. Cette initiative est l’aboutissement d’une étroite collaboration entre le Mouvement pour l'autosuffisance Alimentaire (MAA), Socovia, compagnie engagée dans l’importation de bœufs sur pattes, l’Outer Islands Development Corporation (OIDC), Emtel et l'agence Immedia..

Le projet qui a été imaginé par MAA a pour but de susciter l’intérêt des Agaléens pour l’élevage. Il cadre avec l’objectif même du MAA qui consiste à inciter le petit peuple à apprendre à dépendre de ses propres efforts pour se nourrir.

« Il existe bel et bien un réel potentiel pour soutenir un projet d’élevage de grande envergure à Agaléga. Il y a une abondance de fourrage dont l’acacia, arbrisseau dont les cabris raffolent les feuilles. Nous avons eu recours à une race caprine dont le rapport viande/os est plus conséquent que ce qu’on peut obtenir à Maurice avec une moyenne de 16 kilos contre la masse d’os d’une carcasse de cabri. Les Agaléens pourront ainsi diversifier leur source de protéine. Des dispositions ont été prises pour écouler les produits de ce projet d’élevage à Maurice », précise Eric Mangar, directeur de MAA.

Le MAA se propose d’exploiter une source alternative d’aliments pour ces animaux. Il s’agit de la transformation du pounac, un résidu solide issu de l’extraction d’huile de la noix de coco. Un échantillon de ce sous-produit fera l’objet d’une analyse scientifique à Maurice en vue de déterminer ses propriétés nutritionnelles. Le cocotier pousse en abondance à Agaléga et fournit une quantité non négligeable de noix.

Le MAA a acquis une longue expérience de travail auprès des personnes à faibles revenus souvent handicapées dans leur élan par une velléité latente. Ainsi, un programme de participation active des Agaléens a été élaboré préalablement au lancement du projet. Démarche indispensable pour prévenir contre tout risque de découragement en raison d’un projet qui requiert de la patience.

Ils sont les membres de cinq familles à avoir participé à la réalisation de ce projet. Deux d’entre elles ont été affectées à la construction des abris pour les animaux. Les trois autres sont venues à Maurice pour se familiariser avec les techniques de base pour ce qui est de l’élevage caprin et ovin.

Pour garantir la santé des animaux et pour évaluer leur capacité à évoluer dans leur nouvel environnement, leur embarquement a été précédé par un rigoureux examen de vétérinaire.

Wednesday, February 15, 2012

8 000 tonnes de légumes détruites par les mouches des fruits

Les dégâts sont conséquents. Les mouches des fruits donnent du fil à retordre aux agriculteurs car chaque année, elles détruisent 8 000 tonnes de légumes. Les espèces les plus touchées sont de la famille des cucurbitacées (plantes filantes
qui produisent des légumes tels que courges, giraumons, concombres, etc.).
Les mouches des fruits peuvent également détruire jusqu’à 100 % de certains fruits notamment des mangues. Pour combattre ce fléau, le ministère de l’Agro-industrie en collaboration avec l’Agence international des énergies atomiques (AIEA) forme les planteurs mauriciens à différentes techniques de lutte ces insectes. La méthode la plus radicale :
un procédé qui, grâce au nucléaire, rend stérile des mouches des fruits mâles.

Ils sont ensuite relâchés dans les plantations pour empêcher les femelles, qui sont seules à abîmer les fruits et légumes, d’y pondre. Des formations et des procédures au niveau de l’importation de fruits et légumes doivent également permettre de limiter les risques d’introduction de nouvelles espèces de mouches des fruits. Ces points sont actuellement élaborés lors du séminaire « First regional fruit fly coordination meeting ». Des représentants de Madagascar, des Seychelles, de la Réunion, du Mozambique, de la Tanzanie et de Maurice y sont regroupés. Cette conférence de trois jours a été lancée par Satish Faugoo, ministre de l’Agro-industrie, ce lundi.

Source: Le Defi Quotidien 14.02.12

Monday, February 13, 2012

Certains champs ont été affectés – Le cyclone fait grimper les prix des légumes

Piments, pommes d’amour, aubergines… Ce sont les légumes qui ont été les plus touchés durant le week-end par le vent et la pluie apportés par le cyclone Giovanna. Une hausse des prix de certains légumes de l’ordre de 20 à 25 % est donc attendue. La situation retournera à la normale d’ici à trois semaines.
Ils sont nombreux les planteurs de légumes à s’être réveillés tôt dimanche matin pour aller dans leurs champs. Un premier constat permet d’évaluer que ce sont les plants de piments, de pommes d’amour ou encore d’aubergines qui ont été surtout endommagés. « On peut s’attendre à ce qu’il y ait moins de légumes sur le marché. Certaines plantes ont été affectées, d’autres abîmées. Quelques légumes se feront plus rares dans les jours à venir », indique Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de l’Association des petits planteurs.

Une hausse des prix n’est donc pas à écarter. Certains légumes coûteront entre 20 et 25 % plus cher comparés aux prix affichés la semaine dernière. D’ailleurs, dans certains endroits de l’île, on apprend que les légumes accusent déjà une augmentation des prix. « C’est vrai que certains maraîchers vont profiter de la situation pour augmenter leur prix d’autant plus qu’il n’y a aucun contrôle sur les prix. La situation retournera à la normale que d’ici à trois semaines », avance Kreepalloo Sunghoon. Isoop Soobadar, président de la Market Traders Association, estime, pour sa part, que la situation est encore sous contrôle. « Je vends toujours mes légumes au prix que j’ai l’habitude de vendre. Mais, définitivement, les prix vont grimper cette semaine », soutient-il.

Les consommateurs sont, toutefois, appelés à prendre certaines précautions en achetant leurs légumes. Il leur est conseillé de bien les laver avant de les consommer, tout comme il leur est recommandé de ne pas conserver les légumes achetés pendant plusieurs jours d’affilée. « Les légumes sont gorgés d’eau et seront vite abîmes s’ils sont conservés plus longtemps avant d’être consommés. Il est préférable d’acheter des légumes en petite quantité », conseille Kreepalloo Sunghoon.

Pour les planteurs, le cyclone Giovanna a apporté plus de vent que de pluie. « Nous nous attendions à avoir plus de pluie surtout après la sécheresse qui a frappé le pays durant les derniers mois », soutient le planteur Saïd Bundhoo. « Nous aurions préféré avoir moins de vent et plus de pluie », renchérit Kreepalloo Sunghoon.

Qu’en est-il de la culture de la canne à sucre ? « Les pluies apportées par Giovanna sont bénéfiques pour la canne à sucre. Toutefois, est-ce que cela va améliorer la récolte ? Il est encore trop tôt pour avoir une idée car la canne est encore à sa phase végétative et la saison de coupe n’aura lieu qu’en juin. En attendant, il peut se passer beaucoup de choses au niveau du temps », conclut Chetanand Dookhony, secrétaire de la Planters Reform Association. 

Saturday, February 11, 2012

Photo Courtesy: Le Mauricien

Le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire Satish Faugoo a déclaré que le gouvernement s’engage à préserver les zones humides. C’était la semaine dernière dans le cadre de la Journée internationale des zones humides à Pointe-d’Esny, marquée par l’ouverture officielle du troisième site classé Ramsar à Maurice, après ceux de Terre-Rouge et de Blue-Bay. M. Faugoo a aussi annoncé les démarches entreprises en vue d’inclure Mare-Sarcelle à cette prestigieuse liste.

« Government is fully committed to maintain and well manage the wetlands. Indeed Government is addressing issues relating to forest resources, biodiversity and wetlands in a holistic manner », a affirmé Satish Faugoo. Plus tôt, le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire a souligné que « the Ramsar convention conducts several programmes throughout the world to highlight that wetlands are more than just a muddy swamp ». Et d’ajouter : « Many do not comprehend that they provide an important ecosystem service. And wetlands continue to be destroyed and degraded through poor management and pollution ».

Satish Faugoo annonce que son ministère travaille actuellement sur un plan de gestion des réserves nationales et des îlots. « We are pursuing our efforts to get Mare-Sarcelle wetland found at Bras d’Eau National Park designated as a Ramsar site », soutient-il. Ce site s’étend sur une superficie de 89,73 hectares dans le nord de l’île et abrite des espèces indigènes et endémiques. Outre les mangliers qui caractérisent ces zones humides, d’autres plantes et espèces animales y ont été répertoriées, dont le Orchid Oenellia, le Aphroditce et l’Acrostichum aureum… Les lieux accueillent aussi des oiseaux migrateurs comme celui de Pointe-d’Esny ou de Terre-Rouge.

La gestion de ces sites tombent sous la responsabilité du National Parks and Conservation Service du ministère de tutelle. Ses tâches sont : la protection des zones humides, la promotion et la conservation et l’utilisation de ces lieux de manière durable par le biais d’un partenariat public-privé en vue de tirer des avantages socio-économiques pour le bien-être de tous et sensibiliser la population sur leur importance. Selon le ministre, 35 % de ces sites à travers le monde sont associés à des activités touristiques avec 940 millions de personnes les ayant visiter en 2010.

Le ministre a aussi souligné que cet écosystème a mis des millions d’années pour devenir ce qu’il est. Par conséquent, c’est la responsabilité de tout un chacun de veiller à sa conservation. Satish Faugoo a indiqué que le troisième site classé Ramsar à Maurice couvre une superficie de 21,5 hectares. Il est caractérisé par l’eau saumâtre et le terrain marécageux favorisant la développement des fôrets de mangliers. Le site sert de terreau pour certaines espèces : crabes, mollusques et poissons. Les mangliers sont aussi connus pour agir comme « une protection contre l’effet de tsunamis et autres calamités naturelles ».

La cérémonie de la semaine dernière s’inscrivait aussi dans le cadre de la décennie internationale de la biodiversité 2011-2020. Satish Faugoo note que la préservation des zones humides et les campagnes de sensibilisition quant à leur importance sont liées au concept Maurice Île Durable. « The MID project aims at creating a greener and more sustainable Mauritius where economic, environment and ecological considerations prevail. »

Les élèves sensibilisés à l’importance des zones humides
Pour marquer la Journée internationale des zones humides, le ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire s’est associé à celui de l’Éducation pour sensibiliser les élèves sur leur importance. Ceux des établissements de la région de Pointe-d’Esny étaient conviés à la cérémonie. Après le discours officiel, ils ont eu droit à un lot de matériel pédagogique comprenant des brochures sur la question. Ils ont aussi eu l’occasion de visiter la mini-exposition sur les zones humides de Maurice organisée sur place.

Dans son allocution, le ministre de l’Éducation s’est réjoui de cette collaboration et a observé que sans la préservation des zones humides, le concept Maurice Île Durable (MID) ne serait pas complet.

Vasant Bunwaree a noté que les « wetlands are amongst the most productive ecosystems in the world providing rich fishing grounds or important grazing areas for cattle and wildlife. They also act as buffers against floods, storing rainwater and then slowly releasing it (…) Another key function of wetlands is their ability to filter off waste and contaminants, as water moves from the wetland to underground aquifers. Thus wetlands can be efficient, low cost water purification systems ». Il observe que les zones humides sont en danger avec les conséquences des activités humaines : « As we build and develop settlements, as we convert agricultural land and reclaim other lands and divert our rivers and springs, in fact, as we go in for more and more irrigation projects in the name of food security. »

Le ministre parle aussi des conséquences des calamités naturelles : l’érosion, les pluies diluviennes, la sécheresse, entre autres. Vasant Bunwaree affirme que « my Ministry has geared its efforts to develop education for sustainability at every ‘level’ ». Ce qui signifie qu’il faut réorienter le curriculum et le processus d’apprentissage et équiper les éducateurs pour qu’ils puissent répondre aux nouveaux défis d’une Île Maurice Durable.

M. Bunwaree rappelle que son ministère a présenté récemment une nouvelle structure pour le préprimaire, le primaire et le secondaire. Ce National curriculum frameworks « prescribe education for sustainable lifestyles as cross-cutting issues over a range of subjects taught at both primary and secondary levels ».

Le ministre constate que d’autres projets liés à la protection de l’environnement et au développement durable ont été introduits dans les établissements scolaires conjointement avec le ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire. Parmi, il note le Green School Project, Rainwater Harvesting project, Segregation of Waste, Endemic Gardens et Composting.

Thursday, February 9, 2012

Aide aux petits agriculteurs : Rs 8 millions pour gérer les étapes de l’après-récolte


Est prévue la construction de quatre centres pourvus des facilités devant permettre aux petits agriculteurs de relever le niveau de qualité de leurs produits.

La difficulté à relever le niveau de leurs normes de qualité et de leur compétitivité constitue un des plus grands défis auxquels les petits producteurs de cultures vivrières sont confrontés. Le Conseil des ministres vient d’approuver un plan visant à combler ce vide.

Le plan vise à instituer quatre centres dont la mission principale sera de renforcer la capacité de ces petits producteurs à maîtriser les étapes de l’après-récolte. Ce qui consiste, entre autres choses, à y installer des équipements pour l’exécution de diverses tâches telles que l’établissement d’échelles de qualité, la mise en place de processus minimal, le stockage de même que l’emballage des produits frais de la ferme.

La difficulté à maîtriser les étapes de l’après-récolte occasionne des pertes évaluées entre 30 % et 60 %, selon un document émanant du service de presse du ministère de l’Agro-industrie. De plus, ce handicap pousse les petits producteurs à gérer les récoltes selon des pratiques traditionnelles. Malheureusement, celles-ci ne sont guère efficaces et ne les aident pas à évoluer confortablement sur des marchés où des facteurs tels que la compétitivité et la productivité imposent de nouveaux enjeux.

Les pertes dues à l’inefficacité lors des étapes de l’après-récolte occasionnent d’autres conséquences dont un gaspillage d’intrants agricoles, un manque à gagner car cette activité représente pour beaucoup un moyen de subsistance, un handicap qui compromet toute possibilité d’investissement et un gaspillage de ressources rares telles que l’eau.
Le premier centre sera établi à Rouge-Terre dans les environs de Fond-du-Sac. Les trois autres centres le seront respectivement à L’Espérance (Quartier-Militaire), St-Hubert et Mare-d’Albert. Ce centre sera créé dans les localités là où les producteurs se sont regroupés en clusters.

Le coût de mise en place d’un centre se situe entre les Rs 2 millions à Rs 3 millions. Ce coût dépend de la gamme de marchandises, que les petits producteurs de la région où ce centre sera établi sont en mesure de produire et du volume de leur production.

Le financement de ce projet sera assuré grâce à une enveloppe budgétaire de Rs 8 millions émanant du ministère de l’Agro-industrie sous son pôle de sécurité alimentaire.

Source: L'Express 09.02.12

Friday, February 3, 2012

Cannes à sucre : Le Mauritius Sugar Industry Research Institute fait sa propre évaluation


Un exercice d’évaluation permettra de mieux juger du succès des recherches du MSIRI sur la canne à sucre.L’industrie sucrière a-t-elle eu raison depuis 1953 d’investir dans la recherche et le développement par le biais du Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI), organisme dont le principal objectif est de promouvoir le progrès de ce secteur par ses recherches et ses investigations ?

La réponse est Oui, selon les résultats d’une évaluation économique de sa mission que vient d’effectuer le MSIRI.

L’évaluation économique est une pratique courante pour ne pas dire obligée des instituts de recherche à travers le monde. Elle leur permet de faire la démonstration auprès de leur bailleur de fonds que l’investissement dans les recherches et le développement est intimement lié à leur rentabilité.

Depuis sa création en 1953, c’est la toute première fois que le MSIRI a recours à un tel exercice. Cette initiative a été, dans une grande mesure, motivée par un débat autour de la rentabilité ou non des investissements dans la recherche et le développement.

Le MSIRI a eu recours à deux facteurs émanant de l’étude elle-même et qui lui servent de baromètres d’évaluation. Dans le premier cas, il s’agissait de se référer au taux de retour sur les investissements pour une période donnée. Dans le second cas, il fallait déterminer le taux de référence à partir duquel la rentabilité des programmes de recherche et de développement. Ce taux est de 10 %.

Ainsi, les programmes de recherche et de développements sont considérés rentables si le retour sur l’investissement est de plus de 10 %. C’est l’équivalent du taux d’intérêt moyen pour les dépôts fixes à long terme et des obligations d’Etat sur la période entre 1961 et 2010. L’objectif est de démontrer si un opérateur de l’industrie sucrière aurait mieux fait de déposer son argent à la banque plutôt que de l’investir dans les recherches et le développement dont, comme c’est le cas pour un dépôt fixe, les bénéfices ne peuvent être atteints que sur le long terme.

Le calcul du taux de rendement sur les investissements dans l’industrie sucrière a été effectué sur trois périodes, à savoir de 1961 à 1990, de 1990 à 2005 et de 2006 à 2015. Pour les deux premières périodes, ce taux était de 26/42 % et de 11/19 % respectivement. Pour la période 2006/2015, ce taux oscillerait entre 8 et 11 %.