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Sunday, March 4, 2012

Eric Mangar (MAA) : « L’environnement d’Agaléga est favorable à l’élevage de cabris »

Les membres de cinq familles sont engagés dans un projet d’élevage de cabris et de moutons. Le projet est piloté par le Mouvement pour l’Autosuffisance Alimentaire (MAA), dirigé par Eric Mangar.

Quel est l’objectif du projet d’élevage de cabris et de moutons à Agaléga ?
L’initiative se situe dans le cadre de notre mission d’œuvrer pour que le concept de l’autosuffisance alimentaire fasse partie du quotidien de cette masse de gens aux moyens financiers très limités ou quasi-existants. Notre rôle consiste à évaluer les possibilités d’imaginer et de concevoir des projets de production alimentaire adaptés aux circonstances de vie des personnes de bénéficiaires de notre aide.
Nous sommes arrivés à la conclusion qu’un projet d’élevage de cabris et de moutons est adapté à Agaléga. Il y a une abondance de fourrage dont les feuilles d’acacia.

Des Agaléens ont-ils été impliqués dans la mise en place de ce projet ?
Le MAA ne fait rien pour les gens. On ne fait pas de l’assistanat. L’implication formelle des bénéficiaires est une condition sine qua non de notre engagement auprès d’eux. Cette collaboration permet de susciter une synergie indispensable à la réussite d’un projet. En ce qui concerne le projet d’élevage, nous avons obtenu la collaboration des membres de cinq familles. Deux d’entre elles se sont engagées à la fabrication des abris pour les animaux. Les membres des trois autres familles ont reçu une formation approfondie au sujet de l’élevage de cabris et de moutons.

Quelle est la particularité du cheptel qui a été embarqué dans les cales de Mauritius Pride ?
Nous y avons introduit des races dont le rendement en terme de chair comparée à leur masse d’os est appréciable. Pour ce qui est des cabris, nous avons opté pour deux races à savoir les anglo-nubiens et les boers. Les résultent d’un croisement de chèvres communes anglaises et des chèvres d’Inde et d’Afrique. Le second est originaire d’Afrique du Sud. Les moutons sont d’origine dorper, merino et blackhead. Les Agaléens auront donc une source alternative de protéines. Nous avons étudié la possibilité de commercialiser les produits à Maurice au cas où le marché d’Agaléga est saturé.

Le choix d’Agaléga est-il une indication que l’élevage de cabris et de moutons à Maurice est plus difficile qu’en réalité ?
Une des conditions essentielles à la réussite d’un projet d’élevage de cabris et de moutons est le choix d’une filière et l’implication des parties prenantes. Dès qu’une filière a été établie, nous avons obtenu une collaboration de nos partenaires que sont l’Outer Islands Development Corporation, sans laquelle notre présence n’est pas possible à Agaléga, Socovia pour son savoir-faire en matière d’élevage, Emtel et l’agence Immedia. L’aide de Socovia pour ce qui est des soins vétérinaires a été considérable. Pour que l’élevage de cabris et de moutons puisse prendre son essor à Maurice, il faut préalablement s’assurer de l’appui inconditionnel d’un service vétérinaire de qualité. Ce qui n’est pas le cas en ce moment. Le pire est que l’on ne sait pas quand cette situation changera.

Propos recueillis par Lindsay Prosper


Source: http://www.lexpress.mu/

Friday, February 24, 2012

Agaléga : lancement d’un projet d’élevage de cabris et de moutons

Photo Courtesy: www.lexpress.mu

La réalisation de ce projet a été rendue possible grâce à une collaboration de l’Outer Islands Development Corporation (OIDC), du Mouvement pour l'autosuffisance Alimentaire (MAA) et de Socota, une société engagée dans l’importation de bœufs sur pattes.

Une trentaine de cabris et de moutons ont été embarqués le mercredi 22 février 2012 à bord du Mauritius Pride à destination d’Agaléga. Cette initiative est l’aboutissement d’une étroite collaboration entre le Mouvement pour l'autosuffisance Alimentaire (MAA), Socovia, compagnie engagée dans l’importation de bœufs sur pattes, l’Outer Islands Development Corporation (OIDC), Emtel et l'agence Immedia..

Le projet qui a été imaginé par MAA a pour but de susciter l’intérêt des Agaléens pour l’élevage. Il cadre avec l’objectif même du MAA qui consiste à inciter le petit peuple à apprendre à dépendre de ses propres efforts pour se nourrir.

« Il existe bel et bien un réel potentiel pour soutenir un projet d’élevage de grande envergure à Agaléga. Il y a une abondance de fourrage dont l’acacia, arbrisseau dont les cabris raffolent les feuilles. Nous avons eu recours à une race caprine dont le rapport viande/os est plus conséquent que ce qu’on peut obtenir à Maurice avec une moyenne de 16 kilos contre la masse d’os d’une carcasse de cabri. Les Agaléens pourront ainsi diversifier leur source de protéine. Des dispositions ont été prises pour écouler les produits de ce projet d’élevage à Maurice », précise Eric Mangar, directeur de MAA.

Le MAA se propose d’exploiter une source alternative d’aliments pour ces animaux. Il s’agit de la transformation du pounac, un résidu solide issu de l’extraction d’huile de la noix de coco. Un échantillon de ce sous-produit fera l’objet d’une analyse scientifique à Maurice en vue de déterminer ses propriétés nutritionnelles. Le cocotier pousse en abondance à Agaléga et fournit une quantité non négligeable de noix.

Le MAA a acquis une longue expérience de travail auprès des personnes à faibles revenus souvent handicapées dans leur élan par une velléité latente. Ainsi, un programme de participation active des Agaléens a été élaboré préalablement au lancement du projet. Démarche indispensable pour prévenir contre tout risque de découragement en raison d’un projet qui requiert de la patience.

Ils sont les membres de cinq familles à avoir participé à la réalisation de ce projet. Deux d’entre elles ont été affectées à la construction des abris pour les animaux. Les trois autres sont venues à Maurice pour se familiariser avec les techniques de base pour ce qui est de l’élevage caprin et ovin.

Pour garantir la santé des animaux et pour évaluer leur capacité à évoluer dans leur nouvel environnement, leur embarquement a été précédé par un rigoureux examen de vétérinaire.